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TSÉ TSÉ

 

Mon sommeil, mon maire et moi : pour une politique territoriale du sommeil

13/03/2020 | par Nicolas Goarant | Actualités

sleeping asian young male disturbed by alarm clock early morning on bed & holding hammer in hand

Le sommeil reste souvent dans l’angle mort des élus locaux. Il s’agit pourtant d’un sujet central de santé publique et certaines collectivités l’ont pris à bras-le-corps. À quand des élus en charge du sommeil ?

Dans quelques jours, les équipes municipales auront été renouvelées. Des projets vont être engagés pour l’écologie, les commerces de proximité, la sécurité, le logement, l’éducation, etc. Traditionnels ou plus neufs, ils disent le rôle clé de l’échelon local pour le quotidien de la population.

Mais il est un sujet pourtant fondamental qui ne figure sur aucun programme municipal : le sommeil.

 

Des marges de manœuvre réelles

On pourrait rétorquer que les enjeux qui lui ont trait sont nationaux. Qu’il s’agisse de l’essor du travail de nuit, des nuisances sonores des routes et des aéroports, de la consommation excessive de somnifères ou de la lumière bleue de nos écrans, la baisse considérable du temps consacré à notre repos – de 8 h 05 en 1986, sa durée moyenne était en 2010 de 7 h 42 avant de s’établir en 2017 à 6 h 42 –, semble appeler des réponses d’un ministre bien plus que d’un maire.

 

On pourrait rétorquer que les enjeux qui ont trait au sommeil sont nationaux

 

Mais ce serait là faire l’impasse sur les marges de manœuvre, réelles, des élus locaux pour protéger le repos de la population. Et en cette journée nationale qui lui est dédiée, nous souhaitons poser les bases d’une politique territoriale du sommeil.

 

Des initiatives qui doivent nous inspirer

Première étape : le bruit. Depuis une quinzaine d’années, les collectivités locales sont en première ligne : les agglomérations de plus de 100 000 habitants en particulier doivent élaborer des cartes stratégiques de bruit. Mais force est de constater que le sujet demeure discret dans les politiques d’aménagement. Des initiatives ponctuelles peuvent néanmoins inspirer.

 

Les agglomérations de plus de 100 000 habitants doivent élaborer des cartes stratégiques de bruit

 

L’observatoire Rhône-Alpes a ainsi publié des cartes de co-exposition « air-bruit » sur le modèle des indicateurs de la qualité de l’air. À Amiens, des lignes électriques diminuent les nuisances sonores. Et la ville de Paris est à l’avant-garde sur le sujet, avec l’expérimentation d’un « bitume antibruit » dans trois rues de la capitale et l’acquisition d’un sonomètre de haute précision pour verbaliser les deux-roues trop bruyants. Plus largement, il y a à encourager un « réflexe bruit » dans les politiques d’urbanisme.

 

Augmenter le temps de sommeil

Décaler le début des cours pour les collégiens et les lycéens figure une autre piste de réflexion. « Le matin, l’ado est en classe mais son cerveau est sur l’oreiller » est l’alerte imagée de nombreux professionnels de santé. En France, la densité des journées de cours peut créer des semaines de près de 40 heures.

 

La densité des journées de cours peut créer des semaines de près de 40 heures

 

Pour les jeunes ruraux contraints de faire sonner le réveille-matin avant 7 heures, la fatigue menace plus encore. Retarder d’une heure le début des cours le matin est donc une expérimentation qui doit être examinée avec bienveillance. Menée dans cinq lycées d’Ile-de-France à l’initiative de la région, cette démarche repose notamment sur une expérience américaine. Pour les élèves de deux lycées de Seattle dont les horaires de début des cours ont été différés de 7 h 50 à 8 h 45, le temps de sommeil a augmenté de 34 minutes et leur attention en classe s’est améliorée.

 

Sensibiliser la population

C’est une troisième proposition. Les mairies et les départements pourraient organiser des rencontres avec les parents pour alerter sur les risques de l’utilisation tardive des smartphones et autres tablettes pour le sommeil des ados. Et l’adjoint ou le vice-président en charge de la santé pourrait voir l’intitulé de sa fonction complété d’une compétence « sommeil » afin de rendre visible, par les mots, la dimension politique de notre repos.

Mesdames et Messieurs les élus, c’est à vous.

 

 

 

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