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NOUVEAU DÉPART

 

Saint-Omer réhabilite sa gare pour booster sa stratégie numérique

27/01/2020 | par Eric Delon | Actualités

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La communauté d’agglomération du pays de Saint-Omer a inauguré « La Station » en novembre dernier. Cet édifice 4.0, racheté en 2016 par la collectivité, est l’ancienne gare de la ville-centre, qui était en mauvais état. Le bâtiment fait figure de clé de voûte de la transformation numérique du territoire.

Le 16 janvier dernier, le secrétaire d’État au numérique, Cédric O, est venu visiter « La Station », nouvelle fierté de la ville de Saint-Omer (14 000 hab.), l’une des sous-préfectures du Pas-de-Calais. À cette occasion, il a annoncé que le bâtiment allait obtenir le label « Fabrique numérique de territoire ». Inaugurée en novembre dernier, cette ancienne gare, en pierre et en verre construite au début du XXe siècle et aux dimensions impressionnantes (3 000 mètres carrés) est devenue l’emblème de la transformation numérique d’un territoire longtemps dominé par les industries verrières et papetières, qui assuraient 85 % des emplois il y a encore une quinzaine d’années, mais qui ont connu des chocs industriels majeurs ces dernières années (déclin industriel, délocalisation).

 

200 000 euros pour une gare

Petit retour en arrière. En 2011, des blocs de pierre et de verre menaçant de tomber, la gare est fermée au public. La fermeture de cette gare emblématique pour ce territoire des Hauts-de-France est un choc pour l’agglomération, privée soudain de sa porte d’entrée ferroviaire, 3 000 personnes prenant chaque jour le train en direction de Lille ou de Calais. Le quartier où se situe la gare faisant l’objet d’une importante rénovation urbaine, et la SNCF se montrant fort peu intéressée pour entreprendre de coûteux travaux de réfection, la communauté d’agglomération du pays de Saint-Omer (Capso, 53 communes, 105 000 habitants) et son conseil communautaire présidé par François Decoster décident, en 2016, de racheter la gare. Leur objectif : rénover le bâtiment et en faire un lieu attractif.

 

La cible principale : les « navetteurs », qui se rendent dans la métropole lilloise quotidiennement, mais aussi les « makers »…

 

C’est à l’occasion de la campagne des élections municipales de 2014, lors d’opérations de porte-à-porte, que l’ancien maire de Saint-Omer a cette idée, constatant que bon nombre d’habitants pratiquent déjà le télétravail. Capso rachète donc la gare (200 000 euros) afin de monter un projet ambitieux pour redonner du lustre au territoire et en (re)faire une zone d’attractivité. Sa cible principale : les « navetteurs », qui se rendent dans la métropole lilloise quotidiennement, les indépendants (consultants, coachs, formateurs…) mais aussi les « makers », les prototypeurs…

 

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Fab’ lab’ et coworking

La réhabilitation, qui comprend la rénovation de la gare, la construction d’une passerelle piétonne au-dessus du canal qui traverse la ville et d’un parking couvert, entre donc dans le cadre d’un projet territorial porté par la Capso. Après deux ans et demi de travaux « La Station » a fière allure. Après avoir vidé l’intérieur et démoli tous les éléments qui menaçaient de tomber, deux niveaux supplémentaires ont été reconstruits dans l’ancienne gare. « La Station, dont les travaux ne sont pas encore terminés, propose quatre niveaux dans chacun de ses pavillons latéraux et trois dans le pavillon principal » décrit Aurélien Brietz, directeur des systèmes d’information et du numérique de la Capso et urbaniste de formation, qui se réjouit que ce projet architectural redonne au bâtiment ses fonctions originelles, c’est-à-dire une gare de voyageurs connectée au réseau régional TER, notamment vers Lille. « À terme,

La Station comprendra également une halle de l’innovation (800 mètres carrés), une galerie marchande, une salle des pas perdus pour les voyageurs et visiteurs, un fab’ lab’ (700 mètres carrés), un espace d’incubation de jeunes pousses (700 mètres carrés) et, entre les deux, un espace de coworking (450 mètres carrés), alimenté en fibre optique » explique-t-il, en rappelant que ce nouvel espace situé dans un quartier entièrement rénové, à deux pas du cœur de ville, a vocation à devenir un catalyseur de la transformation digitale du territoire menée depuis 2015, à destination des habitants et entreprises.

 

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Un chantier ouvert au public

« Cette démarche vise, également, à diversifier le tissu économique », rappelle Aurélien Brietz. Depuis le lancement des travaux, l’équipe permanente a organisé régulièrement des visites du futur espace.

À J-500 avant l’inauguration, le chantier a été ouvert au public et à J-400, une semaine du télétravail a été organisée afin d’expliquer le sens et la démarche de ce projet. L’exploitation du lieu a été confiée à une société spécialisée dans l’animation de tiers lieu qui a mis à disposition une animatrice et un fab’ lab’ manager.

Sur un plan financier, le projet est soutenu par la région Hauts-de-France et l’Union européenne.

Devant la gare en chantier, la Capso a installé dès juin 2016 un pôle éconumérique de 140 mètres carrés comprenant un espace de cotravail, un fab’ lab’ (avec découpe laser, imprimante 3D, brodeuse numérique…), un espace de prototypage et d’initiation aux outils numériques.

 

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Passage à taille réelle

En deux ans, ce lieu éphémère a enregistré près de 20 000 visites de particuliers, élèves, étudiants, indépendants, entrepreneurs, salariés venus, selon, travailler, tenir une réunion ou s’initier aux outils numériques. « Le fab’ lab’ et la salle de créativité sont particulièrement utilisés par des particuliers, des entreprises et des étudiants.

L’espace de coworking est largement plébiscité depuis septembre 2017 grâce à l’encadrement et à la sécurisation du recours au télétravail intégrés dans la loi Travail », souligne Aurélien Brietz.

Par ailleurs, une association de préfiguration s’est créée au printemps 2018 avec pour objectif de préparer le passage à taille réelle du pôle d’activités numériques.

Il s’agit de consolider les partenariats et déterminer le statut du pôle, considéré comme une « start-up territoriale ». La communauté d’agglomération, s’est également fait accompagner par un consultant sur le volet juridique et le business plan du futur pôle.

 

Rentabilité à mesurer

Au final, la structure de gouvernance va réunir, aux côtés de la collectivité locale, entreprises, industriels, acteurs de la formation et de l’emploi, acteurs de la transition sociétale, l’agglomération demeurant l’actionnaire majoritaire du projet.

Quid du retour d’investissement pour la communauté d’agglomération ? « Nous mesurerons la rentabilité du projet en comptabilisant le nombre de créations d’entreprises, même s’il est difficile d’étalonner précisément la valorisation du patrimoine ainsi que l’augmentation des compétences numériques des habitants. Mais nous sommes particulièrement confiants », sourit Aurélien Brietz qui rappelle par ailleurs que Capso vient de racheter à SNCF Immobilier 2,7 hectares de terrain dans le quartier de la gare (ex « zone de fret ») afin d’y développer une vaste activité tertiaire, dans le cadre du nouveau projet de territoire.

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