VARIATION DES TEMPS

 

Et ils sont où, les services au public ?

10/02/2016 | par Stéphane Menu | Toute l'actualité

chronometre © Michael Nivelet

À quelle distance vivent les Français des services publics, CAF, centres sociaux… mais aussi des boulangeries et petits troquets ? Ces services sont-ils proches des lieux où leur présence se justifierait par l’importance de la population ? Des questions auxquelles une étude de l’Insee tente de répondre. D’un bout à l’autre du pays, l’accès à ces services peut varier dans la durée du simple au triple !

En France métropolitaine, un habitant sur deux accède en moins de quatre minutes, par voie routière, aux principaux services de la vie courante. Mais les moyennes ont la fâcheuse habitude de cacher des disparités territoriales plus importantes. Selon les communes, ce temps d’accès varie du simple au triple, selon une étude originale menée par l’Insee (1). L’institut a arrêté une liste de services répondant aux besoins de « la vie courante » : boulangeries, supermarchés, écoles, collèges, centres médicaux, etc. Le calcul du temps d’accès repose sur une équation habilement façonnée par l’institut, à savoir le temps théorique de trajet par la route vers celui qui est le plus proche. Le temps d’accès au panier des services courants est la moyenne de ces temps pour l’ensemble des services du panier.

 

Temps médian oscillant de 4 à 10 minutes

En France métropolitaine, la moitié de la population vit dans 3 000 communes (sur un total de plus de 36 000) ; cette dernière accède à un des services publics en quatre minutes environ. Les choses se compliquent pour les 5 % de la population les plus éloignés desdits services, qui forment un mini-groupe de 13 000 communes, devant parcourir un trajet d’au moins neuf minutes.

 

La densité démographique détermine le niveau de facilitation d’accès aux services publics.

 

La densité démographique détermine le niveau de facilitation d’accès. L’Insee a ainsi défini quatre catégories de communes : « densément peuplées », « de densité intermédiaire », « peu denses » et « très peu denses ». Dans les deux premières, un habitant sur deux accède aux principaux services de la vie courante en moins de trois minutes et demie. En revanche, le temps d’accès médian double dans les territoires peu denses (six minutes) et triple même dans les communes très peu denses (dix minutes).

 

L’Ile-de-France accède plus facilement aux services publics que la Corse

Pour reprendre une célèbre raffarinade, la France d’en haut serait francilienne, celle d’en bas, corse. En Ile-de-France, la moyenne d’accès de la quasi-totalité de la population aux principaux services de la vie courante tourne en un peu moins de sept minutes. Un schéma qui se reproduit dans les deux autres régions très urbanisées du pays : Provence – Alpes – Côte d’Azur (95 % de la population y accèdent en moins de sept minutes) et Nord – Pas-de-Calais – Picardie (91 %). En revanche, seule la moitié des habitants de la Corse dispose d’un accès équivalent.

 

Dans les régions très urbanisées du pays, la moyenne d’accès de la quasi-totalité de la population aux principaux services de la vie courante tourne en un peu moins de sept minutes.

 

La géographie des lieux et le peuplement expliquent cet éloignement. Trois habitants sur quatre accèdent aux principaux services en moins de sept minutes en Bourgogne – Franche-Comté (75 %). Cette part monte à 80 % en Centre – Val de Loire et à 85 % en Languedoc-Roussillon – Midi-Pyrénées.

 

De la ville à la campagne, de 13 à 25 minutes pour rejoindre la gare

L’Insee dispose avec cette étude d’un tableau de bord à affiner selon les services proposés. L’institut en offre une première illustration en se concentrant sur les services « spécifiques aux parents ». Un constat émerge aussitôt : tous types de territoires confondus, les temps médians pour accéder à ce panier sont plus élevés que ceux constatés pour accéder au panier général. En effet, le « panier parents » contient des équipements plus rares, comme les maternités ou les gares pour permettre aux enfants de rejoindre les écoles, par exemple. Dans les 1 800 communes constituant les gros pôles urbains métropolitains, le temps médian pour parvenir à ces « services parents » est de treize minutes. Mais, dès que l’on quitte ses rives urbaines, le temps d’accès médian ne cesse de croître pour atteindre vingt-cinq minutes pour les lieux les plus retirés.

 

On attend aussi avec impatience le même travail de l’Insee sur les services sociaux.

 

Les territoires ruraux savent, depuis, que le salut du désenclavement passe par la consolidation de services mutualisés : station-service/épicerie, maison de services au public, services itinérants, dématérialisation des services, etc. On attend aussi avec impatience le même travail de l’Insee sur les services sociaux, notamment dans les quartiers qualifiés de difficiles, pour savoir si lesdits équipements sont positionnés aux bons endroits. Intuitivement, beaucoup d’acteurs de la politique de la ville en doutent…

 

 

Note

(01)Accéder aux services de la vie courante : de forts écarts entre les territoires (janvier 2016). - Retourner au texte

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