SE RÉINVENTER

 

« Nous ne pouvons pas nous arrêter d’investir »

28/01/2015 | par Rémi Teillet, Stéphane Menu | Dossier finance

Dans l’ancien bassin minier de Decazeville Aubin, frappé par une crise économique sévère au début des années 2000, l’heure est à la réorientation de la stratégie financière. Car, face aux besoins d’une population aux faibles revenus, mettre entre parenthèses les investissements nécessaires est inenvisageable.

MAUREL-Jean-Mariedr  Jean-Marie Maurel, DGS de la communauté de communes du Bassin Decazeville Aubin 

 

 

Pour Jean-Marie Maurel, DGS de la communauté de communes, l’heure est à l’exploration de pistes audacieuses (appel à manifestation d’intérêt, fonds européens…).

 

Votre communauté de communes est installée au cœur d’un ancien bassin minier qui a bénéficié des crédits de l’État pour sa reconversion industrielle. Ce processus est-il aujourd’hui achevé ?

Il ne faut pas oublier la dureté de la crise que nous avons vécue. Notre communauté de communes repose sur un bassin minier de 16 000 habitants qui en comptait 30 000 à la fin des années quatre-vingt-dix. C’est dire la violence sociale que nous avons subie au lendemain de la fermeture des mines. La reconversion économique du territoire a été menée efficacement par l’État, on ne peut le nier. On a pu s’en sortir, malgré les pertes fiscales enregistrées, grâce à cette mobilisation exceptionnelle de l’État.

La reconversion économique du territoire a été menée efficacement par l’État.

Mais, pour ce faire, nous nous sommes aussi beaucoup endettés et les rendements fiscaux post-suppression de la TP ajoutés aux compensations partielles de l’État ne nous permettent pas de faire complètement face à nos besoins financiers. Sur les trois prochaines années, nous allons perdre 480 000 euros de DGF. Ce qui représente la totalité de la dotation intercommunale.

 

Comment allez-vous faire face à la situation ?

Nous avons des emprunts à rembourser. Le recours au levier fiscal ne permettra pas de dégager des économies importantes, la population de notre bassin ne disposant pas de revenus importants. Nous avons donc sollicité les services de consultants afin qu’ils puissent établir un diagnostic du territoire en partant de nos communes et de l’intercommunalité. Ce travail débouchera sur un audit de territoire intégré. De la comptabilité aux ressources humaines jusqu’à l’achat du matériel, nous allons chercher les marges possibles de réduction des dépenses. Les élus auront ensuite à partager ensemble le diagnostic et l’adopter.

 

Allez-vous revoir à la baisse les investissements ?

Sans doute, mais l’intérêt de recourir à un audit nous permet de dégager des priorités et de mettre en place un programme pluriannuel. Nous ne pouvons pas nous arrêter d’investir. Nous sommes dans un département rural où les aménagements structurants sont vitaux. Les conseils généraux jouent encore un rôle essentiel de cohésion sociale. Mais leur éventuelle suppression porterait un coup fatal à cette politique de proximité parce que les intercos n’ont pas cette culture. Nous devons aussi nous réinventer dans nos pratiques quotidiennes. Il faudra désormais aller chercher l’argent.

Nous ne pouvons pas nous arrêter d’investir.

L’appel à manifestation d’intérêt concernant les centres-bourg débloquera des dizaines de millions d’euros pour les territoires ruraux. Nous avons pu candidater parce que nous avons, en interne, des cadres compétents. Nous attendons une réponse qui, je l’espère, sera positive. Même chose avec les fonds européens, il faudra se former pour pouvoir décrocher des financements qui tendent les bras mais que nous sommes incapables de récupérer, du fait de la lourdeur des contraintes administratives européennes. Aujourd’hui, nous n’avons plus le choix, nous devons livrer un combat quotidien

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